Portrait salarié – Directeur général

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Nicolas Guenro, j’ai 52 ans et suis directeur général de la coopérative AutoCool – Citiz en Gironde depuis 2008 (déjà !). 

J’ai 3 filles de 19, 17 et 13 ans (oui on peut faire conduite accompagnée en Citiz)… et à côté de la famille et de Citiz, j’aime bien mon vélo gravel, la politique au sens de « vie de la cité », et les carottes râpées coupées fines avec du citron et de la vinaigrette aux échalotes (ma madeleine).

Quel a été ton parcours avant de rejoindre l’équipe Citiz ?

Je suis né à Dijon de parents bretons et ai grandi à Selongey, village industriel de 2500 habitants et siège historique de SEB (les cocottes-minute).
Je suis ensuite tombé dans l’autopartage à 32 ans. Avant ça – et après Sup de Co Bordeaux – j’ai vécu 18 mois au Cameroun en « coopération service national en entreprise », puis 5 ans à Paris au siège de Monoprix, avant de rejoindre Bordeaux en 2003 pour faire « autre chose ». D’abord un bout de chemin avec des amis, dans l’édition, au Studio du Futur d’où sortiront 2 romans graphiques, BPM Odyssée univers techno et Mekamemories, cyber-punk… et une impasse économique ! Une dernière expérience d’un an dans l’hôtellerie – et un licenciement plus tard – me voici fermement décidé à quitter l’économie classique pour une économie plus alternative : la CRESS (Chambre Régionale d’Économie Sociale et Solidaire) d’Aquitaine m’ouvre ses portes (merci encore !), en tant que chargé de mission DLA (Dispositif Local d’Accompagnement).

Portrait Nicolas Guenro, Directeur général

Comment es-tu arrivé chez Citiz ?

Comme souvent avec de l’envie, un peu de hasard et de chance, et une rencontre (bien avant Citiz) : Hervé Dugeny, fondateur de l’association AutoComm, dans un couloir de la CRESS, en 2006. Il recherche un premier salarié pour transformer l’asso en coopérative en fédérant usagers et partenaires autour d’un plan de développement sur la CUB (ex Bordeaux Métropole). Je n’avais jamais entendu parler d’autopartage mais on s’entend tout de suite très bien et le projet a du sens au niveau économique, social et écologique. Mais oui !!! 

La SCIC est créée en juillet 2008, adopte le nom « AutoCool », qui est toujours notre raison sociale, et les autocools deviendront des Citiz en 2013. 

En quoi consiste exactement ton travail ?

Dans le schéma de gouvernance partagée que nous finalisons actuellement, mon rôle c’est « pilote ». Je suis garant des orientations prises par le Conseil d’Administration, de leur mise en œuvre par l’équipe salariée ; et plus pratiquement que le service « tourne », se développe, et respecte ses promesses en termes de disponibilité, proximité, fiabilité, sécurité, valeurs etc… 

Nous sommes une TPE d’une dizaine de salariés donc ce rôle de pilote n’est pas exclusif, je gère encore des dossiers en direct : développement, relations avec le réseau Citiz ou fonctions support. 

À quoi ressemble une journée type pour toi ?

Il n’y en a pas c’est pour ça que ça me plaît ! Quand j’ai commencé en 2006 je pouvais, dans la même journée, rédiger un plan de comm’, échanger avec des élus puis passer l’aspirateur dans une voiture… et c’est toujours cette variété qui me plaît. La semaine type doit tourner autour de 50% de dossiers locaux – 25% de pilotage – 20% de sujets réseau nationaux et 5% sur le terrain.

Y a-t-il un aspect de ton travail que les usagers ne voient pas, mais qui est pourtant essentiel ?

Oui la dimension réseau national coopératif Citiz : nous participons à une formidable aventure coopérative qui part des 14 opérateurs Citiz, ancrés sur leur territoire. Ces 14 Citiz locaux ont fait le choix de créer une coopérative nationale, France Autopartage, qui gère les communs : la marque, les systèmes d’informations (ordi de bord, appli mobile), la communication et d’autres fonctions support (assurance, compta etc…). 

Cette construction collective un peu informelle n’est ni un « groupe » ni une start-up mais un réseau coopératif de bonnes volontés qui essaient de faire vivre les grands principes coopératifs. Comme nos collègues des Licoornes.

Et la démocratie ça prend du temps, ça nécessite des process de décision plus longs (que quand un seul PDG « visionnaire » décide de tout, tout le temps, pour tout le monde). Il faut intégrer les salariés, les utilisateurs, les partenaires, le territoire. Oui parfois ça n’avance pas assez vite. Oui ce serait plus simple de se financer si on était une start-up.

Mais on continue comme ça parce que ça fonctionne et qu’il nous semble que c’est plus durable et plus sobre. Et parce que la crise démocratique et écologique que nous traversons est aussi la crise d’un système économique viscéralement et maladivement non-démocratique.

Cet aspect-là de mon travail est essentiel.

Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans ton travail ?

Sur la base, sur l’ancrage de mon engagement c’est l’impact de nos activités, à travers la sobriété (1 Citiz remplace 8 voitures individuelles) ; je vois assez peu de sujets aussi centraux que la bagnole, qui représente 15% des émissions de GES en Europe et est l’objet le plus représentatif des 100 dernières années. Le changement culturel nécessaire à la transition environnementale passera nécessairement par un rapport différent à la voiture : un objet de mobilité redevenu collectif.

Au quotidien c’est le sens du service. Le service est roi chez Citiz parce que nous savons que quand un client utilise une Citiz c’est parce qu’il a un besoin impératif. Tout n’est pas parfait (et ne peut l’être) mais nous sommes réactifs je pense. 

Et si tu devais résumer Citiz en un mot ?

En deux 😉 : sobriété & coopération. Ça résume notre activité et notre identité. La sobriété est la base de la transition dans un monde fini. La coopération est au cœur du vivant et de nos entreprises démocratiques.